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Physiothérapie Activ

Blessures de course à pied

Fasciite plantaire

La fasciite plantaire est une blessure dont souffre autant les athlètes que les personnes plus sédentaires.  Typiquement, la personne atteinte ressent de la douleur au-dessous, soit à la face plantaire du pied.  La douleur s'installe progressivement à la mise en charge, donc lorsque le pied est au sol: à la marche, dans les escaliers, à la course à pied.  Rapidement, la douleur devient telle que, par réflexe, la personne souffrante changera la façon de poser son pied au sol et c'est là que la valse commence!  Boiterie, marche sur la pointe, un peu sur le talon, et on se tortille...  En quelques semaines, le membre inférieur au complet s'adapte du mieux qu'il peut, voire même le reste du corps.

La physiothérapie est toute indiquée pour soigner cette pathologie.  L'analyse approfondie doit porter sur la biomécanique de toute la jambe (incluant le bassin) et être comparée à l'autre côté. La première phase du traitement vise à réduire l'inflammation et à redonner une certaine souplesse aux muscles de la face plantaire du pied.  Rapidement, la thérapie manuelle est utilisée pour redonner le mouvement à la vingtaine de petites articulations du pied.

Dans une seconde phase, il faut déterminer quel est le déclencheur du problème.  Pourquoi développe-t-on une fasciite plantaire?   Plusieurs causes sont à considérer:

  • compensation du pied pour soulager un autre problème (ex.: raideur au genou, cors aux pieds);
  • mauvaise technique de course ou progression trop rapide de l'entraînement de course à pied;
  • changement drastique du type de souliers sans période d'adaptation;
  • blocage articulaire non résolu suite à une entorse de cheville;
  • même marcher sur un bloc LEGO peut irriter et inflammer le fascia plantaire!

Souvent, la fasciite est l'expression d'une biomécanique perturbée depuis des mois.  La personne atteinte doit apprendre à reconnaître les changements adaptatifs et reprogrammer son corps à bien bouger, le tout à l'aide de son/sa physiothérapeute, qui lui enseignera les moyens pour recouvrer souplesse, équilibre et... confort!

Périostite

Écrit par Marie-Eve Bergeron, physiothérapeute.

En tant que physiothérapeute traitant une clientèle sportive, il est immanquable de constater à quel point les douleurs à la face médiale (interne) de la jambe sont 'à la mode' ces temps-ci.  Plus justement nommée Syndrome de stress tibial médial, ce type de douleur ne se limite pas qu'à l'enveloppe de l'os (nommée périoste).  Selon les évidences scientifiques(1), ce type de blessure implique vraisemblablement:

  • une problématique en regard des tendons des muscles qui s'insèrent sur les os de la jambe;
  • l'inflammation du périoste plus classiquement décrit;
  • une réaction osseuse du tibia lui-même.

Nonobstant la façon dont on nomme ce syndrome, à quoi pouvons-nous attribuer cette recrudescence de cas ?

Il ne faut pas chercher bien loin pour constater que plusieurs de nos clients souffrant de douleur à la jambe ont, sans le savoir, imposé à leur corps trop d'impact dans un trop court laps de temps.  D'un point de vue clinique, il est fréquent de constater cette problématique chez les coureurs, mais également chez les athlètes d'autres sports demandant un grand volume de course ou de sauts répétés (soccer, football, danse...)   En d'autres mots, faire des impacts répétés sur les pieds/jambes.  Comme l'hiver québécois semble moins propice aux sports d'impact, plusieurs coureurs reprennent leurs habitudes au printemps venu et oublient parfois qu'ils ont cessé l'entraînement avec impact depuis quelques mois.  D'autres commencent un nouvel entraînement avec un peu trop d'entrain et poursuivent des objectifs un peu trop ambitieux, se laissant emporter par leur motivation sans écouter les signes de fatigue de leur corps.

Les activités sportives pratiquées l'hiver (ski alpin, ski de fond, hockey, gym, natation) sont très appropriés pour de multiples raisons mais un coureur devrait garder en tête que ces activités n'apportent jamais autant d'impact sur les articulations et les os que la course à pied.  Lorsque le corps est au repos ou que des activités avec moins d'impact sont pratiquées, les systèmes musculaires, osseux et articulaires perdent de leur capacité à absorber les chocs. Le corps n'a pas été soumis régulièrement à des occasions de s'adapter à ce type de 'stress'.   

La capacité d'adaptation de chaque individu est différente et dépend de multiples facteurs, c'est pourquoi une progression des distances de course peut être adéquate pour l'un et mener un autre vers un syndrome de stress tibial médial.  Si vous souffrez de douleur au tibia, le repos (*) et une évaluation individualisée de votre condition est la meilleure de vos options.  Le plan d'entraînement et les exercices doivent absolument être adaptés à votre condition car il est reconnu qu'un syndrome de stress tibial médial peut progresser vers une fracture de stress (2).  Un physiothérapeute compétent évaluera:

  • votre posture;
  • la mobilité des articulations du pied, de la cheville, du genou et du bassin;
  • la force des groupes musculaires du membre inférieur;
  • l'usure de vos souliers;
  • votre technique de course.

À la lumière de ces observations, des recommandations pertinentes seront émises et un plan de traitement sera établi:

  • exercices spécifiques aux déficits;
  • programme progressif de retour à la course;
  • thérapie manuelle selon les dysfonctions;
  • poncture physiothérapeutique avec aiguilles sèches (UASD) pour soulager les douleurs liées à la tension des muscles surchargés..

La Clinique de Physiothérapie Activ offre l'ensemble de ces services.  Il est aussi possible de rencontrer notre kinésiologue pour établir un programme d'entraînement complet et réaliste pour relever vos défis avec brio! 

 

(*)  Le repos complet n'est pas toujours requis, selon l'ampleur des signes et symptômes.  La réduction du volume d'entraînement seulement peut suffire et le coureur peut alors travailler sur d'autres paramètres d'entraînement durant la réadaptation.

 

 

 

Références:

(1) GALBRAITH R. Michael, LAVALLEE Mark E, Medial tibial stress syndrome: conservative treatment options  Curr Rev Musculoskelet Med (2009) 2:127-133.

(2) FREDERICSON M., BERGMAN G, HOFFMAN K, KILLINGHAM M, Tibial stress reaction in runners: correlation of clinical symptoms and scintigraphy with a new magnetic resonance imaging grading system.  AM J Sports Med 1955;23:427-81.

WINTERS K.K, KOSTISHAK N, VALOVICH MCLEOD T, WELCH C.E, Treatment of medial tibial stress syndrome: a critical review.  Intern journal of athl therapy and training, July 2014 19(4);27-31

Cours de prévention des blessures en course à pied, septembre 2009, Blaise Dubois pht, RCAMPT, SPD.